Nostalgi’Amiga (9)

amiGAMING

On l’a vu la naissance des micros Amiga fut mouvementée. L’Amiga 1000 était comme le cake sorti trop tôt du four, boursouflé et plein de promesses mais comme tous les prématurés il vécu ses premiers jours sous assistance respiratoire et finalement sa brève carrière eut pour principal mérite de faire découvrir aux développeurs tout le potentiel de la gamme. Ce qui profita tout naturellement au petit frère, l’Amiga 500.

Il conserve toutes les avancées technologiques de son prédécesseur (milliers de couleurs, puces dédiées aux manipulations graphiques en tout genre, son 4 voies stéréo) en ajoutant un argument de poids : un prix « raisonnable » ($600 à sa sortie aux USA, sans moniteur). Grâce à cela le nouveau bébé de Commodore se place dans la droite ligne de l’illustre C64 : une idéale machine de jeu.

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On l’a vu la naissance des micros Amiga fut mouvementée. L’Amiga 1000 était comme le cake sorti trop tôt du four, boursouflé et plein de promesses mais comme tous les prématurés il vécu ses premiers jours sous assistance respiratoire et finalement sa brève carrière eut pour principal mérite de faire découvrir aux développeurs tout le potentiel de la gamme. Ce qui profita tout naturellement au petit frère, l’Amiga 500.

Il conserve toutes les avancées technologiques de son prédécesseur (milliers de couleurs, puces dédiées aux manipulations graphiques en tout genre, son 4 voies stéréo) en ajoutant un argument de poids : un prix « raisonnable » ($600 à sa sortie aux USA, sans moniteur). Grâce à cela le nouveau bébé de Commodore se place dans la droite ligne de l’illustre C64 : une idéale machine de jeu.

La première année de vie de l’A500 est assez calme sur le plan Gaming. Il faut dire que nombre d’éditeurs se contentent d’adapter leur production directement de l’Atari ST, sans tirer partie des « Copper » et autres « Blitter » propre à l’Amiga, profitant parfois seulement de ses quatre voies audio pour améliorer la musique. Jusqu’à la fin 1987 seule une poignée de jeux innove réellement : par exemple Goldrunner, le shoot’em up aux scrollings nerveux, l’aventure médiévale aux graphismes renversants « Defender of the Crown » (de Cinemaware), ou encore l’expérience 3D nommée Mind Walker. Coté Jeux de rôle les adaptations de jeux PC tels Bard’s Tale ou Advanced D&D comblent les amateurs.

Les années suivantes tout évolue. Le couple forcé Atari-Amiga va s’imposer sur le marché Européen et plusieurs jeux de légende vont naître, certains spécifiquement développés pour l’Amiga.

Dès 1988 une déferlante de jeux de tirs part à l’assaut du micro-ordinateur de Commodore. Le genre est très en vogue à l’époque, et ce depuis que les salles d’arcade l’ont popularisé dix ans plus tôt avec Space Invaders et Galaga. Avec Xenon (des fameux Bitmap Brothers), Hybris (Ah! quelle bande-son !) et Katakis (plagiat éhonté de R-Type) le « Shoot 2D » fait la part belle à l’adrénaline pure. C’est le temps où l’on juge de la qualité du jeu par la vitesse de son scrolling d’écran. L’Amiga est justement très à l’aise pour les déplacements hyper-rapides de sprites.
D’autres Shoots comme « Starglider 2 » font basculer le genre dans la 3D totale avec un zeste de scénario sous la forme de missions de recherche et de capture. Le genre en est à ses balbutiements, mais ce sont des débuts très prometteurs. A noter que le package du jeu contient une cassette audio avec la version longue de la superbe musique d’intro !
Les classiques Japonais des bornes d’arcade débarquent aussi, tels Arkanoïd de Taito, Black Tiger de Capcom ou Ikari Warriors de SNK, et c’est sur nos machines 16/32 Bits que les adaptations sont les plus réussies.

Les nouveaux jeux « Point & Click » sont les héritiers du genre « Aventure graphique », dont les « Guild of Thieves » et autres « The Pawn » du célèbre éditeur « Magnetic Scrolls » sont les dignes représentants. Dans ces jeux on se voit présenter des photos fixes de paysages et de décors puis on entre au clavier nos instructions de déplacements et d’actions.
Sierra On-Line ajoute une interface entièrement à la souris et marque les esprits avec ses séries de « Quest »: du sérieux avec les Police Quest et King’s Quest, du marrant avec les Space Quest et Leisure Suit Larry.
Grâce à LucasArts l’aventure bascule dans la parodie comique, l’un des premiers étant le délirant et très réussi « Zak Mc Kracken ». Leur chef d’œuvre, Secret of the Monkey Island, reste encore aujourd’hui une série dont les fans se souviennent avec joie. La France n’est pas en reste puisque c’est en 1988 qu’apparaît l’Arche du Capitaine Blood, jeu d’exploration futuriste et complètement barré à l’interface unique et dont la musique numérisée de Jean-Michel Jarre envoûte littéralement les aficionados.

Mais la révolution ludique de cette année là est caractérisée par un titre majeur : Carrier Command. Un jeu de stratégie militaire entièrement en 3D dans lequel on pilote plusieurs types de véhicules pour conquérir des îles gardées par l’ennemi. Grosse performance technique et Gameplay innovant.

En 1989 c’est l’année de la maturité, comme disent les critiques de musique en manque d’inspiration. L’Amiga 500 est connu et reconnu, principalement en Europe. Les Shoot’em up sont de plus en plus géniaux et impressionnants (Xenon II, Goldrunner II, Blood Money et surtout l’inénarrable Battle Squadron). Les adaptations d’arcade suivent : R-Type, 1943, Commando, Shinobi ou Forgotten Worlds (Capcom).
L’éditeur Psygnosis stupéfait tous les aficionados lors de la sortie du jeu « Shadow of the Beast », un jeu d’action plateforme mirifique aux graphismes chatoyants et aux musiques totalement envoûtantes. C’est une véritable démonstration des capacités techniques de la machine, spécifiquement développée dessus, qui fait la part belle aux scrollings parallax et autres dégradés de couleurs pastels, sur des compositions musicales pro aux samples remarquables (ah ! cette incroyable flute de pan). Un des jeux de foot de référence naît aussi cette année-là, le très arcade « Kick Off » avec son ballon qui ne colle pas au pied des joueurs.

Les amateurs d’aventures épiques découvrent « Les voyageurs du temps », une production française (Delphine Software). La société Delphine produira par la suite quelques uns des meilleurs titres du genre. La plateforme Amiga marque des points et devient la machine « hype » car en parallèle se développe la « Demoscene » (on vous l’a dit dans les chapitres précédents, suivez un peu, bordel !).
Le genre « God Game » naît avec Populous (Bullfrog), univers coloré mélangeant habilement de styles. Ça change des Wargames et des jeux de stratégie de l’époque, souvent froids comme des tableurs et abscons pour le profane.
Dungeon Master (de FTL), dont l’adaptation de l’Atari ST arrive enfin, marque tout simplement l’Histoire des Jeux de Rôle informatiques par sa réalisation et ses possibilités totalement incroyables pour l’époque: représentation graphique entièrement en pseudo-3D subjective, gestion complète en temps réel d’un groupe de quatre aventuriers (équipement, nourriture, magie, etc), interface et ergonomie très étudiées. Un rêve pour tous les fans du genre, qui va inspirer tous les créateurs de RPG pour les années à venir.

David_Marat
scène d’époque: Un matin, Jay Miner rédige sa lettre de démission de Commodore.

scène d'époque: Un matin, Jay Miner rédige sa lettre de démission de Commodore.

scène d’époque: Un matin, Jay Miner rédige sa lettre de démission de Commodore.


Les années 90-91 seront celles de la suprématie Amiga. La machine domine le marché de l’informatique de loisir (c’est comme ça qu’on appelle les Jeux Vidéo dans les média) avec une ligne de jeux top moumoute.
Coté aventure « classique » on trouve des bijoux tels que « Maupiti Island » (Lankhor), « Operation Stealth » et « Croisière pour un Cadavre » (Delphine Software), « Secret of the Monkey Island » et « Maniac Mansion » (LucasArts). Des heures de jeu mêlant plaisir de la découverte et poilade totale.
Le genre Action continue d’étonner avec « Unreal » (Ordilogic), digne successeur de Shadow of the Beast, et surtout le premier épisode d’une grande saga adaptée du C64 et nommée Turrican (Factor 5). De la trempe des meilleurs jeux d’arcade consoles, Turrican est un shoot-plateforme frénétique, sur des musiques très rythmées d’un des plus fameux compositeurs de bandes son synthétiques, Chris Hulsbeck. Du reste les éditeurs Japonais continuent d’éditer leurs meilleures productions sur notre machine: Ghosts & Goblins (Capcom), Pang, Strider, etc.

Les fanas de simulation commerciale trouvent en Deuteros et FOFT deux univers futuristes quasiment infinis à explorer. Des jeux à gouffre temporel à l’instar de Civilization quelque temps plus tard, où l’on part à la conquête économique d’un vaste monde. MidWinter (Microprose), aventure-action futuriste sauce infiltration, propose quant à lui une réalisation technique « Full 3D » impressionnante. On y incarne un Capitaine pouvant recruter des soldats pour l’aider dans ses missions. Plusieurs type de véhicules sont utilisables.

De nouveaux concepts voient le jour, heureux mélanges de plusieurs style de jeux. « Another World » (Delphine S. I.), aventure-action surprenante dont l’interface épurée (ou plus exactement l’absence d’interface) va inspirer une quantité de créateurs dans la décennie suivante.
L’impayable Lemmings (Psygnosis), jeu d’arcade et de réflexion poilant, donnera une longue lignée de suites et de clones (jusqu’à être adapté sur la PSP en 2007). Speedball 2 (Bitmap Brothers), sorte de foot américain futuriste à la Rollerball (grand film d’action des années 70), permet de se défouler entre potes. Alien Breed (Team 17), cousin futuriste de Gauntlet avec ses décors labyrinthiques vus de dessus, préfigure les Hack & Slash de type Diablo qui verront le jour sur PC un peu plus tard.

Les Hits Amiga en 1992-93 sont pour la plupart des clones, des suites et des variations améliorées de jeux précédents. Ainsi « Project X », Shoot’em up ultime aux graphismes sublimes, n’apporte aucun changement important dans le Gameplay. De même Black Crypt, est une copie conforme de Dungeon Master mais plus aboutie graphiquement.
Quelques titres se font cependant remarquer, tels que Elite II Frontier, exploration spatiale et simulation commerciale, bourrées de bugs mais bougrement attachante par son immensité et son absence de prédétermination dans l’avancement du scénario. On peut choisir librement de vivre une carrière tranquille purement commerciale, ou bien s’aventurer dans la piraterie et les combats spatiaux.
LucasArts dégaine un épisode mythique d’Indiana Jones avec le Point & Click « The Fate of Atlantis ». Jim Power, le héros ringard d’un jeu de plateformes de Loriciels, offre une géniale version pour lunettes 3D. Autre succès dans la série des jeux d’action, Zool le Ninja de la énième dimension (on savait trouver des titres en ce temps là). La simulation de flippers se porte à merveille. Née sur la génération 8 Bits le concept reste le même (émuler un flipper) mais avec la puissance de l’Amiga on atteint des sommets de réalismes avec Pinball Fantasies (développé par d’anciens Demomakers).

Notons aussi la naissance du genre Stratégie Temps Réel « moderne » avec Dune 2 (Westwood Studios). Tous les fanas des productions Blizzard (Warcraft et Starcraft) doivent savoir qu’ils doivent beaucoup à ce jeu ; -) On trouve aussi son pendant humoristique avec l’impayable Cannon Fodder (Chair à canon en français).

Les sorties de jeux sur Amiga se prolongent encore pendant quelques années, mais sur un rythme beaucoup moins frénétique que précédemment. La raison en est à la fois simple et terrible…

Crépuscule.

Fin 1992 de nouveaux modèles d’Amiga voient le jour: A1200 et A4000. Censé apporter la même révolution technologique au grand public que l’A500 en son temps, l’A1200 voit sa date de sortie avancée et par conséquent ses principales améliorations passent à la trappe, faute de temps.
Ainsi le chipset graphique prévu à l’origine, le « AAA », devient « AGA » lorsque les impératifs commerciaux obligent les ingénieurs de Commodore à supprimer un certain nombre de caractéristiques. Comble de maladresse quelques jeux A500 ne tournent pas sous 1200 (on a déjà des problèmes de rétrocompatibilité à cette époque). Enfin le prix de l’A1200 reste supérieur à son concurrent direct, le PC, et Atari propose lui aussi un renouvellement de sa gamme avec le Falcon.
Toutefois bon nombre d’éditeurs continuent de produire des suites de jeux à succès ou d’adapter les hits PC, et la « scène » des Demomakers est plus que jamais active.

En septembre 93 la console Amiga CD32 est lancée (un A1200 déguisé avec un lecteur CD-Rom intégré). Le CD32 est marqueté comme la toute première console 32 bits avec lecteur CD (ce qui est faux car le « FM Towns Marty » japonais l’a fait deux ans auparavant).
On peut dire que c’est le CD32 qui va faire plonger définitivement Commodore car une sombre affaire de brevet non payé par la société va l’empêcher de sortir son produit aux USA alors que des dizaines de milliers d’exemplaires sont déjà fabriqués. Pour couronner le tout les éditeurs produisant des jeux CD32 se contentent d’adapter leur production A1200 en ajoutant simplement des petites séquences en Full Motion Video (Full motion mais pas Full screen ; -). Quelques productions tirent leur épingle du jeu, tels « Microcosm » ou « Liberation ».
Malgré son avantage technologique le CD32 ne soutient pas la comparaison avec la 3DO, concurrente directe proposant des jeux CD plus impressionnants (Wing Commander III, Space Hulk, Captain Quazar, Return Fire). La Super-NES (sortie fin 92 en Europe) occupe le terrain des ados et des Gamers avec ses indétrônables Super Mario et autres Zelda.
La sortie de la Playstation de Sony en 1995 marque la fin totale de la brève existence du CD32.

La société Commodore dépose le bilan en avril 1994, étouffée par l’échec du CD32 et surtout ses tentatives ratées de renouvellement de sa gamme phare (A500+, A600, A1500, etc). La marque est rachetée par Escom, une société Allemande, qui tente de relancer l’Amiga l’année suivante avec un micro-ordinateur « A1200+ Escom », sans succès.
L’Amiga restera encore jusqu’en 1995 une alternative au monde du compatible PC, mais par la suite l’arrivée de Windows 95 puis le débarquement des premières cartes 3D dédiée (3DFX et consorts) vont définitivement sceller le sort de la micro-informatique de loisir.

En 1996 les Amiga ne sont plus commercialisés et quittent le marché grand public, après dix ans d’une existence mouvementée qui laisse beaucoup de souvenirs heureux aux amateurs. Ils entrent dans la catégorie des ordis de légende… Ceux dont les vieux cons parlent avec émotions à leurs enfants qui ne les écoutent pas car ils jouent à la Wii.
Rest in Peace.

FIN (vraiment ?!)

Comments

  1. clap clap clap !
    et snif !

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