Nostalgi’Amiga (6)

Il est temps à nouveau de nous interrompre grossièrement pour faire un point détaillé de la naissance du phénomène Amiga. Cela passe forcément par un historique de la machine, ponctué de moult anecdotes cocasses.

Si l’on interroge l’homme de la rue (ou sa femme) sur ce qui marqua l’informatique dans les années 80, on obtient le classement suivant :
1. Le Minitel
2. Le téléphone à touches (une révolution par rapport au téléphone à cadran, avouons-le)
3. Pacman (que l’homme de la rue nommera probablement le « jeu du mange-boules »)

On en conclura ce qu’on voudra, mais nulle part il n’est fait mention d’IBM, de Microsoft ou d’Apple. Et encore moins d’Amstrad, d’Atari ou de Commodore. Et pourtant dans l’ombre des grands communicants Bill Gates et Steve Jobs, au coté des ingénieurs visionnaires de Xerox, HP ou Intel dans la Vallée du Sillicium, on croise des petits bonshommes plein de rêves et d’espérance. L’un d’eux s’appelait Jay Miner.

Il est temps à nouveau de nous interrompre grossièrement pour faire un point détaillé de la naissance du phénomène Amiga. Cela passe forcément par un historique de la machine, ponctué de moult anecdotes cocasses.

Si l’on interroge l’homme de la rue (ou sa femme) sur ce qui marqua l’informatique dans les années 80, on obtient le classement suivant :
1. Le Minitel
2. Le téléphone à touches (une révolution par rapport au téléphone à cadran, avouons-le)
3. Pacman (que l’homme de la rue nommera probablement le « jeu du mange-boules »)

On en conclura ce qu’on voudra, mais nulle part il n’est fait mention d’IBM, de Microsoft ou d’Apple. Et encore moins d’Amstrad, d’Atari ou de Commodore. Et pourtant dans l’ombre des grands communicants Bill Gates et Steve Jobs, au coté des ingénieurs visionnaires de Xerox, HP ou Intel dans la Vallée du Sillicium, on croise des petits bonshommes plein de rêves et d’espérance. L’un d’eux s’appelait Jay Miner.

Mr Miner fut embauché au milieu des années 70 dans une société Américaine nommée Atari (fondée par Nolan Bushnell). L’une de ses premières créations en tant que Designer ne fut rien moins que l’Atari 2600, tout simplement la première console de jeu vidéo au succès (quasi-)planétaire, à la fin des 70’s. Le projet suivant du jeune ingénieur, dès 1979, est un ordinateur personnel nommé Atari 400 qui passe inaperçu face à la déferlante « 2600 ».
Devant le refus d’Atari (alors revendu à Warner) d’investir dans un processeur Motorola 68000 plus puissant pour produire un nouveau micro-ordinateur supportant ses aspirations, Miner quitte la société en 1982.

Jay ne tarde pas à trouver un associé partageant les mêmes ambitions, lui aussi ex-employé d’Atari et fondateur d’une société d’édition Software reconnue (Activision), Larry Kaplan. Un groupe d’investisseurs se forme autour des deux lascars, leur but commun étant la création d’une console de jeu pouvant évoluer vers l’informatique personnelle par l’ajout de périphériques.

Nous sommes en 1983, et le fameux « crash » du marché vidéoludique frappe de plein fouet cette jeune industrie. Il faut dire que les cartouches de jeux se vendent tellement bien à l’époque que nos amis marketeux pètent les plombs. Par exemple six semaines avant la sortie du film E.T. de Steven Spielberg, ils ont l’envie soudaine d’en faire un jeu. Une merde immonde et sans intérêt sera donc développée et finalisée dans le mois et des millions de cartouches pressées… pour un résultat artistique et commercial catastrophique, évidemment.
Autre exemple parfaitement hallucinant mais pourtant symptomatique de la folie qui régnait alors, pour la sortie en grande pompe de Pacman sur sa console Atari décide de produire plus d’exemplaires de cartouches qu’il n’y a de consoles en circulation. Pour justifier son délire le responsable Marketing d’Atari prétexte que beaucoup de clients voudront acheter deux fois le jeu, un pour la maison principale et l’autre pour la résidence secondaire !
On voit donc que plus personne n’a les pieds sur terre, et le marché des consoles s’écroule en quelques mois… (âmes sensibles ne vous inquiétez pas, il renaîtra quelques temps plus tard).

Jay Miner et ses acolytes vont donc profiter de la naissance d’un nouveau marché porteur, celui de l’informatique personnelle. Les systèmes sont plus chers, mais ils s’adressent à un plus large public et rassurent les parents (les enfants vont pouvoir travailler sur l’ordinateur, en plus de jouer). La nouvelle compagnie prend le nom d’Amiga, « Amie » en espagnol, qui n’enchante pas vraiment le boss mais a le mérite de ne donner aucune indication sur les motivations du groupe et d’être placé avant Atari dans l’annuaire.

Last Supper
Conférence de presse annonçant l’A1200 (Photo AFP)

Pour masquer son vrai projet Amiga Inc produit d’abord quelques jeux vidéo anecdotiques ainsi que des périphériques plutôt loufoques. Par exemple le « Joyboard » Amiga, une sorte de Pèse-personne sur lequel le joueur se tient debout pour faire du ski, du skate et même de la relaxation (Oui ! vous avez bien lu, il s’agit du Wii-Fit de Nintendo avec 25 ans d’avance).
Pendant qu’une équipe (très) réduite travaille sur ses sujets pour amuser la galerie (les sbires-espions d’IBM sont toujours à l’affût de la concurrence), un staff technique complet développe une machine révolutionnaire. Le concept est de prendre à contre-pied la concurrence en proposant un système véritablement dédié à l’utilisateur et non l’inverse, qui soit capable d’offrir des outils de création autres qu’un tableur et un éditeur de texte.

Chaque ingénieur responsable d’un composant donne ses idées et motive ses choix, que ce soit pour la partie graphique ou sonore, le système d’exploitation ou l’architecture générale. Pour brouiller encore un peu plus les cartes on décide de donner des noms de code aux différents éléments principaux. Ainsi le chipset graphique prend le sobriquet de « Denise » et le processeur sonore devient « Paula ». Le nom de code de l’ordinateur est « Lorraine », prénom de la femme du Co-président Dave Morse.

Des concepts inédits prennent forment lors de l’assemblage du « Lorraine », comme l’intégration du « Blitter » (une puce dédiée au déplacement d’éléments graphiques sur l’écran), du « Copper » (afficher plusieurs résolutions d’affichage différentes en même temps !) ou le mode « HAM » (Hold and Modify, modifier les propriétés d’une couleur comme sa luminosité) qui permet l’affichage de 4096 couleurs à une époque où les machines standards plafonnent à 16 (quand ce n’est pas 4). Coté Son l’équipe décide de mettre le paquet en proposant un système capable de lire des échantillons (samples) sur quatres voies.
Pour le système d’exploitation on opte pour le multitâche, quelque chose qui n’a encore jamais été proposé au grand public, avec une interface graphique très évoluée. Et, preuve de l’esprit baba cool qui plane dans les bureaux, le message indiquant un plantage de la machine n’est pas un bête « System Error » mais un poétique « Guru Meditation ».
Bref, Jay et ses potes ont la banane, la pêche, la niaque, la barraca… et quelques embarras.

Pour justifier des sommes englouties par les financiers dans son projet, Amiga Inc se voit imposer une date limite de présentation de sa machine au public. Ce sera le « Consumer Electronic Show » de Janvier 1984. Les semaines de 90 heures s’enchaînent pour les employés, chacun des ingénieurs mettant les bouchées triples pour finaliser le prototype qui sera dévoilé au CES. C’est le salon à la mode à l’époque aux USA, et ce depuis plus de dix ans. On y a présenté le magnétoscope en 1970, le Caméscope et le lecteur CD en 1981, en clair c’est là-bas que les technologies du futur apparaissent aux Américains.

La frêle Lorraine va-t-elle y triompher ?
A suivre…

Comments

  1. Quelle quiche…Lorraine…
    Bon, tu n’avais pas osé la faire alors je me dévoue…

  2. Jay miner plutard connu sous le pseudo de « Manic Miner »…
    Je sors…

  3. chapeau 🙂 to be or not…

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