Nostalgi’Amiga (5)

Amigosphere.

Pendant la semaine suivant la sinistre conclusion de ce dimanche maudit on ne cesse de cogiter intensément. Il nous reste une quinzaine de jours avant de retourner affronter l’Amiga dans son antre. On en profite pour écumer les hautes mers bordant les autoroutes de l’information, fier capitaine tenant ferme la barre de sa goélette Firefox dans l’océan achetéaimel infini lâché par Big Brother Google.
Sur la toile l’Amiga 1200 est toujours présent. Certes le mot-clé engendre infiniment moins de résultats que « Britniaise Pire » mais en définitive c’est plutôt rassurant: cela prouve que la chose est réservée aux esthètes.

En tant que surfeur compulsif on n’évite pas cependant quelques uns des traquenards les plus classiques, tout malin qu’on est. On perd ainsi un bon quart d’heure à tourner en rond dans un site moldo-slovaque nommé « Amigù Kamaràt » avant de s’apercevoir qu’il n’est plus à jour depuis la mort du couple Ceausescu. Une autre homepage, sud-américaine celle-là et intitulée « Vamos Amigos », nous impose moult updates Flash et Realplayer avant de se lancer dans le téléchargement d’une animation de bienvenue occupant un Blu-ray entier. On s’en lasse rapidement.

Amigosphere.

Pendant la semaine suivant la sinistre conclusion de ce dimanche maudit on ne cesse de cogiter intensément. Il nous reste une quinzaine de jours avant de retourner affronter l’Amiga dans son antre. On en profite pour écumer les hautes mers bordant les autoroutes de l’information, fier capitaine tenant ferme la barre de sa goélette Firefox dans l’océan achetéaimel infini lâché par Big Brother Google.
Sur la toile l’Amiga 1200 est toujours présent. Certes le mot-clé engendre infiniment moins de résultats que « Britniaise Pire » mais en définitive c’est plutôt rassurant: cela prouve que la chose est réservée aux esthètes.

En tant que surfeur compulsif on n’évite pas cependant quelques uns des traquenards les plus classiques, tout malin qu’on est. On perd ainsi un bon quart d’heure à tourner en rond dans un site moldo-slovaque nommé « Amigù Kamaràt » avant de s’apercevoir qu’il n’est plus à jour depuis la mort du couple Ceausescu. Une autre homepage, sud-américaine celle-là et intitulée « Vamos Amigos », nous impose moult updates Flash et Realplayer avant de se lancer dans le téléchargement d’une animation de bienvenue occupant un Blu-ray entier. On s’en lasse rapidement.

Mais la lumière au bout du tunnel n’est pas toujours celle du train arrivant d’en face, et l’on découvre bientôt pléthore de sites Amigaphiles. Certains de nos compatriotes consacrent leur temps et leur argent à leur chère machine au prix du sacrifice de leur hygiène corporelle, voire de leur vie privée. On note le cas édifiant d’un Suédois ayant mit aux enchères sur Ebay ses deux enfants pour assouvir sa lubie du moment: se procurer un lecteur de disquettes externe pour son Amiga 500. Le brave homme.

En découvrant l’Amigosphere on apprend que même si la « Scène » n’est plus aussi active qu’au début des 90’s certains Don Quichottes exploitent toujours notre bécane et la maintiennent en vie à coup d’accélération hardware et de perfusion d’émulateurs.
On pourra m’objecter que continuer à programmer sur une antiquité qui a connu les débuts d’Amanda Lear n’a pas d’intérêt puisque nos aïeux sont censé en avoir maitrisé toutes les arcanes. Mais c’est justement cette formidable motivation qui impose le respect, cette quête vers l’absence totale d’une quelconque utilité in fine. Cette persévérance, incompréhensible pour beaucoup, dans l’exploration d’un territoire déjà maintes fois visité pour trouver un Graal invisible au commun. Et c’est grâce à ces passionnés, ces excités devrait-on dire, que la quasi intégralité de la production Amigaesque officielle (jeux, outils, demos) nous est accessible aujourd’hui, pour peu qu’on s’aventure dans les recoins louches du oueb.

Médusé
Peu après la sortie de l’Amiga 500, le Fanclub Atari réuni ses derniers membres.

Peu après la sortie de l'Amiga 500, le Fanclub Atari réuni ses derniers membres.

Peu après la sortie de l’Amiga 500, le Fanclub Atari réuni ses derniers membres.


Un plan simple

Pour réanimer le disque dur de l’ancêtre on se trouve face à un choix cornélien. La voix de la raison nous impose de mettre la main à la bourse pour nous équiper dans la légalité d’une solution hardware. Un banal câble série permettrait de relier Papy Amiga à notre PC hypertrophié du processeur. Un lecteur de disquettes hybride titille notre fibre Geekique, il offrirait la possibilité de manipuler des biscottes au format Commodore directement sous Windows. Le summum serait d’utiliser un lecteur de cartes Flash sur le 1200. Ouais ! ce serait trop classieux.
L’autre possibilité, plus aventureuse car parfaitement répréhensible, consiste à downloader comme un porc des images de floppies Amiga trainant de ci de là au bout des liens interlopes.
Notre coté cossard l’emporte -comme souvent d’ailleurs- et l’on fini par choisir la solution de facilité. On va piller sans vergogne tous ses trésors mis à disposition gratuitement sur le Net.

En quelques clics et pas mal de claques on se constitue un kit de survie qu’on juge indispensable à notre entreprise de remise en état du disque cliquetant. Divers programmes de récupération de données, des instruments chirurgicaux de réparation de pistes et de secteurs, des trucs et des bidules pour manipuler les bits et les octets. On y adjoint une patte de lapin, une aile de chouette Hulotte et du sperme de dauphin en poudre. On ne sait jamais, ça peut aider.
Sans oublier l’indispensable Workbench 3.0 (NDRQSLPG * : Interface graphique de AmigaOS).

Les jours qui nous sépare des retrouvailles avec l’Amiga se font plus longs, l’attente rude pour nos nerfs, les rognures d’ongles jonchent le tapis. En pleine réunion de travail on rêvasse, les yeux mi-clos. Notre esprit parcoure des mondes fantasmatiques inspirés des jeux de notre adolescence, on fixe l’horizon qui offre un sublime dégradé en 4096 couleurs. Des mélodies résonnent, de démos qu’on a maté des centaines de fois.
Brusquement on se lève de son siège et on gueule « AMIGA VAINCRA ! ». Les collègues nous regarde, incrédules. Un lourd silence s’installe…

* Note du rédacteur qui se la pète grave.

A suivre…

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