Nostalgi’Amiga (4)

Interlude musical (Ah! Enfin!)

Nous interrompons notre programme pour vous livrer un échantillon de quelques une des créations sonores les plus marquantes de la Demoscene Amiga. Ceci afin que les vrais amateurs, les faux néophytes, les incrédules indécrottables, et toutes les autres créatures à poils et à plumes peuplant cet étrange espace virtuel, puissent à ce point du récit se faire une intime conviction sur les élucubrations de votre serviteur. Les pièces versées au dossier se trouvent en téléchargement un peu plus loin ci-dessous. Elles sont accompagnées de quelques commentaires visant à situer l’œuvre dans son contexte.

Rappelons que les quelques modules livrés à la sagacité de l’auditeur (ou trice) datent tous d’une ère située entre 1988 et 1996, que leur diffusion par votre dévoué s’effectue sans aucun accord préalable avec les artistes, que le choix des musiques présentées est totalement arbitraire et loin d’être exhaustif, et pour conclure ce long préambule, que l’auteur y a malicieusement glissé quelques unes de ses productions personnelles (facilement reconnaissables car d’un niveau nettement inférieur aux chefs d’œuvre proposés, ceci mettant par conséquent ces derniers d’autant plus en valeur).

Interlude musical (Ah! Enfin!)

Nous interrompons notre programme pour vous livrer un échantillon de quelques une des créations sonores les plus marquantes de la Demoscene Amiga. Ceci afin que les vrais amateurs, les faux néophytes, les incrédules indécrottables, et toutes les autres créatures à poils et à plumes peuplant cet étrange espace virtuel, puissent à ce point du récit se faire une intime conviction sur les élucubrations de votre serviteur. Les pièces versées au dossier se trouvent en téléchargement un peu plus loin ci-dessous. Elles sont accompagnées de quelques commentaires visant à situer l’œuvre dans son contexte.

Rappelons que les quelques modules livrés à la sagacité de l’auditeur (ou trice) datent tous d’une ère située entre 1988 et 1996, que leur diffusion par votre dévoué s’effectue sans aucun accord préalable avec les artistes, que le choix des musiques présentées est totalement arbitraire et loin d’être exhaustif, et pour conclure ce long préambule, que l’auteur y a malicieusement glissé quelques unes de ses productions personnelles (facilement reconnaissables car d’un niveau nettement inférieur aux chefs d’œuvre proposés, ceci mettant par conséquent ces derniers d’autant plus en valeur).

Afin de profiter pleinement des modules Amiga sur un PC ordinaire il est fortement conseillé de se procurer le logiciel « DELIPLAYER ». Pour nos amis Mac’ariens, démerdez-vous, quand on veut faire le malin on assume.
DELIPLAYER le bien-nommé permet de lire tous les formats musicaux dédiés à l’Amiga, les différentes versions de trackers, et surtout de mixer les deux voies gauches et les deux voies droites Amiga’iennes en une seule piste sonore centrale, occasionnant un confort d’écoute très appréciable. Les intégristes pourront évidemment ne pas activer cette option pour revivre pleinement les sensations de l’époque.
Autre atout non négligeable rendant cet outil indispensable, il lit les fichiers compressés par des utilitaires en vogue dans les 90’s (de type Powerpacker et consorts). Ainsi lorsque vous vous trouverez face à un fichier .pp voire .x votre unique recourt sera l’emploi du surpuissant Deliplayer. A bon entendeur.

Pour trouver Deliplayer sur Internet il suffit simplement d’aller sur www.depliplayercoutequatrevingtdixeuros.com muni de votre carte bancaire et de vos trois dernières quittances EDF.
Non, j’déconne. Tu tapes deliplayer dans google et c’est gratos.

Mais trêve de conneries. Voila le fichier : BestOf.zip .

On ne tentera pas ici de faire l’historique du pourquoi du comment des démos sur micro-ordinateurs. D’autres sites s’en chargent de façon autrement plus sérieuse et documentée que les présentes pages.
Disons pour faire simple qu’avec l’arrivée de la micro-informatique grand public au début des années 80, une foultitude de fous, de maniaques et de génies, la plupart adolescents (donc avec autant de temps libre que d’envie), ont voulu s’approprier ces étranges machines pour communiquer, créer et surtout tenter de satisfaire leur égo en tentant d’épater le voisin (ça marchait très très rarement sur la voisine). Tout cela en repoussant toujours plus loin l’impossible.
Car à l’époque faire cracher une animation à un Amstrad, un scrolling d’écran à un Atari ou un clip vidéo à un Amiga, c’était tout bonnement prouver qu’on pouvait aller au-delà des limites, que la normalité n’existait pas. Cela au nez et à la barbe de gens très sérieux portant blouse blanche et pipe, qui secouaient la tête de dénégation en répétant: « Cela n’est scientifiquement pas possible ». Les cons.

Guernica
Guernic Invaders: le 1er shoot’em up à scrolling horizontal sur Amiga.

D’abord les hackers se contentèrent de « cracker » les maigres protections des logiciels et jeux vidéo qui sortaient par dizaines chaque mois. Pour signer leurs méfaits et gagner leur minute de gloire nos amis flibustiers en mal de reconnaissance ponctuaient leur œuvre d’un simple texte ou d’un pseudo inséré malicieusement dans l’écran d’accueil du payanticiel (ou cashware, opposé du freeware).
Puis vint le temps des Intros, là il s’agissait d’exécuter un petit programme présentant le groupe en guise de préambule au plat de résistance. Un petit texte défilant, une musique minimaliste et un logo couleur gerbe, c’était généralement assez sommaire mais cela lança la mode, que dis-je, la révolution: la Demoscene était née.
Les petites intros se firent plus longues, le code plus complexe, on en fit des compilations, des groupes de légende naquirent. Rapidement la compétition se déplaça du terrain du nombre de softs crackés à celui des morceaux de bravoure codés en un seul programme. Il n’était plus question de casser le code d’autrui mais d’imposer sa propre science du langage machine.
Les artistes entrèrent dans la lumière, on mit en place de véritables mises en scène, les différentes séquences composant la démo s’enchaînaient avec fluidité. On entendit parler de Megademos, de Music-Disks s’étalant sur plusieurs disquettes. Des magazines numériques apparurent, charger de promouvoir les groupes en faisant des classements façon Top 50 et de diffuser les infos essentielles aux fans. Lesquels se retrouvaient régulièrement dans les salles des fêtes locales, puis dans des gymnases, puis des stades entiers (on est moins sûr concernant ce dernier point) lors de mémorables Demoparties.

Petit guide hystérique du Menu Best-Of.

Chose promise à un vieux singe n’amasse pas mousse qui croyait prendre, dit le dicton.
… enfin je crois.
Toi qui a déjà téléchargé le Best-Of présenté en ces lieux et qui réclame de tous tes neurones encore pulsant des informations complémentaires en écoutant les modules, les voili les voiça.

Diablo et Static font pour moi partie de ceux qui défrichèrent l’art musical sur Amiga. De la simplicité, des sons peu originaux, mais une pêche et un fun immédiat dès l’écoute de leurs modules. Dès la fin des 80’s leurs productions « techno » dans les Megademos des Budbrain et autres Rebels font merveille.
musiques: Budbrain3-Yo Africa, Coma, Deva, End Theme II, Hysterical Baby, Total trouble

Deux authentiques techniciens, qui furent probablement parmi les premiers « vrais » musiciens à exploiter véritablement les possibilités d’un tracker Amiga, furent Romeo Knight et Dr Awesome. Un travail de bidouillage impressionnant sur les samples, un niveau de composition digne des pros, Romeo et le « Doc » reste une référence.
musiques: Cream of the Earth, 1989 A number, Boesendorfer PSS, I’m gonna be Inf., SpaceDel

Walkman et Mantronix sont tous deux d’excellents compositeurs de ballades aux mélodies inventives, sur un choix de samples jamais pris en défaut. On peut adjoindre au duo un 3e larron qui marqua de ses musiques quelques unes des meilleures démos jamais produites sur Amiga (par le groupe The Silents), l’ami Jesper Kyd.
musiques: TJA, Klisje paa klisje, Yummy Gap, Overload, Global Trash 3

Voila les compositions qui font partie de mon panthéon personel en matière de musiques 4-voies. Les premières sont l’oeuvre de Uncle Tom, la dernière de Codex. La folie qui traverse ses quatre pièces maîtresses, le choix culotté des samples et leur traitement hallucinant (synthé et guitare malmenés dans Madness took me ou Occ San Gen, bruits de moteurs et de bulles dans Undersea) apportent une espèce de dinguerie qui fait que je ne m’en lasse jamais. Classique, Man !
musiques: Madness took me, Spell am(elioration), Scoopex3 (Occ San Geen), Undersea

Jester et Heatbeat sont deux créateurs d’atmosphère hors-pair, on peut reconnaitre leurs modules rien qu’aux thèmes et aux instruments choisis. Il suffit d’écouter Nazgul ou Scrambled Mind pour imaginer un film d’heroic fantasy ou un thriller futuriste. Ces deux là savent capturer un feeling inédit qui donne à beaucoup de leurs compos une saveur particulière. On trouve même un rap poilant (Orules). Un autre musicien qui se rapproche beaucoup de la « patte » de Jester est Bit Arts (à moins que ce ne soit l’inverse ?). Il suffit de comparer son Synergy ou son Reach tech No Limit au Stardust Memories de Jester pour trouver des similitudes dans les sons et la rythmique employés. Mais face à une telle qualité, pourquoi bouder ?
musiques: Nazgul, Stardust Memories, Terminal Fuckup, Street Jungle, Scrambled Mind, Jammin for Nothing, Orules, Anette, Reach Tech No Limit, Synergy (part I)

Dans chaque génération on trouve le petit grain de sable, celui qui ne fait rien comme les autres et parcourt son propre chemin de traverse, tranquillement, sans se soucier des modes. La création musicale sur Amiga en a connu quelques uns, mais aucun n’a atteint la notoriété de Bruno. Il suffit de jeter une oreille sur les titres façon funk et rock « old school » que sont BST et Free from Guitar pour comprendre qu’on a affaire à un drôle de gus. Un style inimitable, et des sentiers que lui seul a exploré sur Amiga (musique de cirque avec Uralvolga fine, par exemple).
musiques: B.S.T., Free from guitar, Moon gate, Uralvolga Fine

Tous les zikos présentés précédemment sont Européens, mais aucun n’est Français. Alors quoi ? La France était-elle réduite à faire des musiques sur minitel au début des 90’s ? que nenni mon zobi ! Nos compatriotes ont participé à la fête, et de belle manière. On trouvait des chefs d’orchestre comme Audiomonster qui mettait en scène de véritables B.O. de films, Moby (pas celui auquel vous pensez) qui représentait tout l’esprit gaulois avec ses compos hard rock brutales ou ses blues dédiés à la bière, tout en prouvant qu’il savait manier Protracker avec d’autres titres plus subtils, Chrylian ou encore le mystérieux duo NHP/BKH au style impeccable et impressionnant.
musiques: Nebulos, Apocalypse, Hard feelings, Butcher’s Madness, Elekfunk, MobyAngels DragonsFunk, Pelforth, Change my Love, Eliptical

Concluons avec Laxity et Travolta. Ces deux là faisaient respectivement partie des célèbres Kefrens et des non moins connus Spaceballs. Laxity adaptait ses compos aux démos sur lesquelles étaient posées sa musique (nombreux bruitages ajoutés), les Spaceballs faisait exactement l’inverse avec la techno pop de Travolta, qui devenait l’élément central des vidéoclips du groupe. Le résultat, d’un coté comme de l’autre, est brillant.
musiques: Desert dream (trilogie), Spb Testlast, Condom Corruption

Un petit florilège d’autres modules marquants sur Amiga. De la Techno Trance Hardcore à la Techno Ambient Groovy Electro (si, si, ça existe), de la Samba au piano classique, du old au new Funk, des ballades les plus tristes aux musiques synthétiques les plus enjouées, des odyssées de 22 minutes façon Jean-Michel Jarre aux Tangos les plus torrides. Enjoy.
musiques: Aggressive It, Alternative Samba, Beneath Dignity, Blowaway, Breath Taker Exe, Decade, Digi Expr, Echoing, Face another Day, GComp, Groo Kommunikaation, Jammin Cindy, Just for blue, Kilobytes, Max Dream XTC, Rock it, Russian Theme, Soul Free, Str Oasis, Tango Love Song, Techno Death, VD 242, Will of the Wind, The Frog Fairground, Voodoo People

Bien d’autres musiques vous attendent si le cœur et les oreilles vous en disent. Certains des auteurs cités ici ont à leur actif plusieurs dizaines (voire centaines) de modules, et beaucoup d’autres individus n’ont pas été nommés par simple ignorance de votre serviteur. Que Saint-Amiga me pardonne mon offense.
Cherchez Amiga Music Preservation sur la toile pour découvrir les 90.000 modules que vous ne connaissez pas encore. Oui, il y en a quatre-vingt-dix milles ! Et si vous en voulez encore (petite gourmande, va) allez donc voir là-bas si j’y suis.

Et paf ! revoila le fichier dans ta face: BestOf.zip .

A suivre…

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