Nostalgi’Amiga (2)

Un long dimanche de farnientage.

Notre aventure débute lors d’un dimanche ensoleillé. En sa qualité de Geek professionnel, l’auteur maudit ce genre de météo radieuse, obligeant son entourage à proposer des ballades à pieds, des visites d’on ne sait quel vide-grenier de cambrousse, voire même -horreur suprême-, une sortie en forêt ET en vélo.
Jusqu’où va la cruauté des gens, je vous le demande.

Il faut donc anticiper, profiter du long repas dominical pour échafauder un plan qui permettra d’échapper au funeste destin qui se prépare. Annonce du décès brutal de tatie églantine ? Non, déjà tenté le mois dernier. Crise d’épilepsie au moment du dessert ? on risque d’être envoyé à l’hôpital. Avouer son envie de passer une après-midi TV devant Dimanche-Drucker ? Pas crédible.
A bout d’argument valable, l’auteur trouve in-extremis un prétexte pour s’éclipser en restant digne et poli : « la macédoine amenée par tonton Jeannot et servie en entrée m’a filé la chiasse. Partez sans moi. »
Ouf, sauvé. Avec style, qui plus est.

Un long dimanche de farnientage.

Notre aventure débute lors d’un dimanche ensoleillé. En sa qualité de Geek professionnel, l’auteur maudit ce genre de météo radieuse, obligeant son entourage à proposer des ballades à pieds, des visites d’on ne sait quel vide-grenier de cambrousse, voire même -horreur suprême-, une sortie en forêt ET en vélo.
Jusqu’où va la cruauté des gens, je vous le demande.

Il faut donc anticiper, profiter du long repas dominical pour échafauder un plan qui permettra d’échapper au funeste destin qui se prépare. Annonce du décès brutal de tatie églantine ? Non, déjà tenté le mois dernier. Crise d’épilepsie au moment du dessert ? on risque d’être envoyé à l’hôpital. Avouer son envie de passer une après-midi TV devant Dimanche-Drucker ? Pas crédible.
A bout d’argument valable, l’auteur trouve in-extremis un prétexte pour s’éclipser en restant digne et poli : « la macédoine amenée par tonton Jeannot et servie en entrée m’a filé la chiasse. Partez sans moi. »
Ouf, sauvé. Avec style, qui plus est.

Une fois les convives (et les connes lentes) parti en expédition champêtre, ne reste plus pour l’auteur qu’à trouver quelque chose à faire. On hésite d’abord une bonne demie-heure entre rien branler et observer une mouche sur un plafond blanc. Les trente minutes suivantes sont consacrées à l’étude approfondie de ladite mouche arpentant le mur de la chambre. On en vient alors à la conclusion qu’une vie de mouche est probablement brève, mais complètement naze.
Soudain une pensée furtive traverse notre cerveau jusque là totalement anesthésié : « Saint-Mahomet ! Sur le Coran de la Mecque ! Si j’allais faire un tour dans le grenier ? »

Le réveil de la bête.

La minute suivante on se retrouve dans le local sombre. Le faisceau lumineux de la pile électrique éclaire une valise de cartouches NES avec le pistolet pour Duck Hunt, la collec’ de papa de 45 tours d’Eddy Mitchell, un poster jauni de Nina Hagen (note pour les moins de 20 ans: l’ancêtre des Tokio Hotel). Notre regard s’arrête sur une antique console 3DO. La honte nous envahi, comment ai-je pu acheter une telle chose ? Dans un sac des boitiers de jeux ravivent quelques vagues souvenirs : Captain Quazar, Wing Commander III, Space Hulk… Un ticket de caisse tombe au sol. Intrigué, on jette un oeil, c’est le choc : 3DO Panasonic d’occasion + 4 jeux = 2200 Francs. Ce qui représente, en Euros constants, le P.I.B. annuel actuel du Guatemala.

On détourne pudiquement les yeux, embarrassé, et notre regard se porte sur un objet réconfortant. On perçoit dans la pénombre une forme familière qui nous rassure. Il est là, l’Amiga.

DAP

         Denise, Agnes et Paula: les 3 Chipsets de l'Amiga

Fébrilement on se fraye un chemin vers l’obscur objet de notre désir, foulant du pied au passage une carcasse vide de Gameboy, dans un claquement sec de vieux plastique. Notre rythme cardiaque s’accélère, la cible n’est plus qu’à quelques mètres, on se précipite tête baissée, notre crâne percute violemment la solide poutre en bois qui traverse la pièce. Un bruit sourd fait écho pendant de longues secondes, et résonne en nous depuis la pointe des cheveux jusqu’aux orteils. Le cerveau enregistre l’information et nous fait lâcher un grognement.

Sonné mais toujours lucide, un voile rouge occupant tout le champ de vision, on parvient tout de même à saisir la machine posée à même le sol. On prend au passage les câbles tout en poussant du pied vers la sortie le minuscule écran estampillé « 1084 » (qui n’est pas l’année de fabrication mais la référence du modèle). Un bref couinement mêlant douleur et joie conclu notre mission de rescousse.

De retour dans une zone moins périlleuse, on examine le l00t. Le précieux butin se compose d’un imposant clavier blanc-crème A1200, un moniteur d’origine avec son étrange écran bombé comme la télé à mémé, une alimentation externe épaisse comme deux Wii et une souris dépourvue de molette -mais avec deux boutons, on n’est pas des Mac’ariens quand même-. D’un geste ample du bras on dégage promptement une aire libre sur la commode de la chambre, changeant d’un coup toute la collection de poupées en porcelaine de grand-maman en puzzle 3D 1000 pièces.

On dépose ensuite délicatement l’Amiga sur son trône. On souffle comme un bœuf sur les parties charnues de l’appareil afin d’en dégager les plus gros moutons, qui retournent en virevoltant sous les meubles. Les branchements se font sans encombre, chaque port étant clairement identifié au cul du clavier oblique. On retrouve même le câble audio pour la stéréo. Vraiment, comme la vie est parfois savoureuse.

Un bref instant de recueillement précède l’allumage. On repense à ses jours de compét’ entre potes sur Twintris, ses nuits à composer des musiques sur un Tracker pendant que les collègues bossaient le code et le graphisme, ses week-ends entiers consacrés aux Demos-Parties en de lointaines contrées, ses semaines passées dans Dungeon Master, des mois à mater des démos, à lire des diskmags, à écouter des music-disks, des années de pure Geekerie bien avant l’invention de cet anglicisme. Et dire que pendant tout ce temps on aurait pu aller se bourrer la gueule à la Kro et tirer Ginette sur le parking du Macumba 2000 ou mieux, aller éructer sa haine de l’arbitre et du maillot d’en face dans un stade. Quel gâchis.

Click. On bascule l’interrupteur pour mettre en marche la bête.
L’écran s’illumine, le son typique du lecteur de disquette attendant sa proie nous ramène à nouveau dans notre passé. Des noms de groupes de demomakers nous reviennent à l’esprit, des échanges de copies dans la cours du lycée, l’anxiété d’attendre que la Poste achemine des disquettes venues du nord de l’Europe.

Bientôt un logo arc-en-ciel apparaît, accompagné d’une animation montrant une disquette s’insérant dans un lecteur. « Par Sainte-Clara, Patronne des fabricants de calendriers ! Mais ça marche ! ». Le fier canasson est toujours fringant malgré treize hivers et quatorze étés dans le coma. D’inquiétants cliquetis s’échappent du disque dur, modérant notre enthousiasme juvénile. A priori la pièce la plus fragile de l’ensemble n’a pas daigné se réveiller au baiser du doux prince.

Qu’importe, Hibernatus est ranimé. C’est le principal.

A suivre…

Comments

  1. avatar Melondesign says:

    😀 😀 😀
    Vivement la suite

  2. merci pour ce topic, mais faut que les mentalites change!

  3. Un blog est un journal personnel en effet mais surtout un lieu dechange et de partage d idees (tout comme je fais actuellement sur le sujet) Bref, Merci pour les tuyaux, cest tres enrichissant.

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